Le blog de Fulvio Caccia

26 janvier 2016

ROMAN-FEUILLETON : RAIN BIRD (17)

Classé dans : Actualité — Tags : — admin @ 11:53
L’arcane 17 c’est L’ÉTOILE qui apparaît déroutant et mystérieux, surtout son image. L’ÉTOILE est un arcane de la famille des astres. Les actions et influence de cette famille d’arcanes sont d’ordre cosmique. Le cosmos représente le solide, infiniment vaste et insaisissable monde extérieur.

À l’opposé existe l’intangible monde intérieur, c’est-à-dire le fonctionnement psychique des individus dont les caractéristiques s’expriment au travers de la personnalité.


17. Fox avait quitté le parc.
Trouver en sa voisine une complice était inespéré. Même improbable, cette collaboration lui redonnait confiance. Cela dit, la trouvaille d’Henriette le plongea dans un tourbillon de conjectures qui se ramifiaient dès qu’il tentait d’en saisir le sens. A quoi tout cela rimait-il ? Etait-il en train de devenir positivement fou? Toute sa vie, Nathanaël avait été un rationaliste mais cette série de coïncidences le laissait désemparé. La réalité lui semblait être une poupée russe où, chaque étape franchie, renvoyait à un plan de réalité plus petit. Une intuition s’imposa néanmoins: la clef se trouvait peut-être dans la trame de son propre livre. Mais qu’avait-il donc raconté, quel motif avait-il à son insu décrit qui lui aurait échappé ? Il se promit de vérifier ses archives dès qu’il pourrait.
Il était en train de dévaler la rue de l’Avenir lorsqu’une voiture le klaxonna. C’était une Peugeot bleu marine 504 aux vitres teintées. Une voix familière l’interpella.
Monte !
C’était Michel Biro, le maire des Lys-sous-Bois. Nathanaël le connaissait depuis quinze ans. Il l’avait soutenu lorsqu’il était dans l’opposition et leurs femmes avaient sympathisé. Avec Judith, il était même allé les voir dans sa maison familiale en province. Depuis, ils ne se voyaient presque plus.
Michel Biro esquissa un sourire.
Je dois aller chez mon garagiste. Tu m’accompagnes ?
L’embarras du maire était palpable. Fox le voyait chercher les mots dans sa tête …
Et toi, qu’est-ce que tu deviens depuis ta… séparation ?
Fox soupira.
Cesse de tourner autour du pot !
Bordel de merde ! explosa le maire, qu’est-ce que tu nous fais, Nath ?
C’est à cause de cet imbécile de commissaire qui se prend pour Maigret ! lui répondit Fox sur le même ton.
Il se tourna vers lui, le doigt brandi.
Et ne me dis pas que tu l’ignorais !
Michel esquissa un geste d’impatience.
- Le commissariat m’a mis au courant… c’est vrai.
Il regarda Fox d’un air excédé.
Mais enfin, c’est quoi cette histoire à dormir debout?
Fox lui renvoya son regard courroucé.
As-tu lu mon roman ? dit-il, péremptoire.
La mine renfrognée, Michel Biro fixa son volant.
Josiane l’a lu.
Je ne parle de Josiane, je parle de toi ! L’as-tu lu ?
Le maire haussa les épaules.
Comment tu veux que je lise ? Je n’ai pas une minute à moi. Je travaille quatorze heures par jour, sept jours sur sept.
Eh bien, si tu l’avais lu, tu aurais compris que cette histoire ne tient pas debout.
Et celle de la pute qui s’est fait buter, elle ne tient pas debout non plus, je suppose ?
Michel fixa la route devant lui, l’air stoïque.
Bravo ! Moi qui me bats pour éradiquer la prostitution autour du périph. Puis, cerise sur le gâteau : un soupçon de meurtre doublé de trafic de drogue. Alors là, chapeau ! Si ça sort dans les journaux, ça va être joli !
Tu as peur que cela rejaillisse sur toi ? Un ami personnel du maire des Lys soupçonné de meurtre ! Il est vrai que cela fait tache, à neuf mois des élections ! ironisa Fox.
Le maire stoppa net son véhicule puis se tourna vers son passager.
Arrête de déconner, Nath ! répliqua Michel Biro. Cette histoire est un simple suicide. De surcroît, depuis qu’on a fait installer ces clôtures, il n’y a plus personne la nuit dans ce parc. Enfin, et cela de manière plus personnelle, je ne tiens pas à ce que mon fils, comme le tien d’ailleurs, soit impliqué dans une affaire qui risque de s’emballer. Ils n’ont fait que ce que toi et moi faisions à leur âge.
Fox baissa les yeux.
Je sais, reprit-il un ton plus bas. Pour le suicide par contre, je n’en suis pas sûr.
Il fit une pause et reprit.
- Je n’ai rien à voir avec tout ça, réaffirma Nathanaël.
Soudain, une bouffée d’angoisse le saisit. C’était comme un tourbillon qui l’enveloppait dans un courant froid et ululant qui l’arrachait par à-coups du moment présent.
Nat ? Nat ! Qu’est-ce qui se passe ?



C’est maintenant que je saute le pas,
c’est maintenant que le masque TOMBE.
Le mince rideau des illusions est déchiré.
Je suis là, tout près de toi, juste en face de toi !
Tu es surpris ? Pourquoi ?
Ne fais pas l’ahuri, ne prends pas ces faux airs d’innocent
Tu es au courant depuis toujours. Depuis quand ? me dis-tu.
Depuis l’instant précis où tu as ouvert ce livre, pardi!
Toi aussi tu es complice. Toi aussi tu es coupable.
Tu protestes ? Vas-y, gueule un bon coup !
Ici personne ne t’entendra.
Tu es dans mon domaine.
Tu ne t’étais pas douté que ceci était un guet-apens, un stratagème
pour te coincer, pour te forcer à avouer.
Tu n’as rien à te reprocher ?
Tu n’es pour rien dans ce meurtre ?
Ben voyons ! La bonne blague !
Je ne suis pas pressé. Tu finiras bien par te mettre à table.
Ne crains rien ! Je ne te ferai pas mal.
Je ne te toucherai même pas !
Tu sais ce que je veux de toi ? Ah si, que tu le sais ?!
De toute façon, tu me l’as déjà donné puisque tu es là devant moi.
Mais je veux plus. Je veux beaucoup, beaucoup plus !
Je veux te marquer au fer rouge sur le front,
je veux que tu me suives jusqu’à la fin, jusqu’en enfer
Je ne te lâcherai pas !
J’ai déja planté mes crocs dans ton cou.
J’ai tout mon temps.

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