Le blog de Fulvio Caccia

6 novembre 2017

L’affaire Weinstein la fin du cycle de l’amour courtois et le retour au droit naturel.

Classé dans : Non classé — Tags :, , — admin @ 12:13

Que nous révèle l’affaire Weinstein que nous ne sachions déjà ? Que les mâles dominants, en situation, de pouvoir, s’accaparent des femmes et humilient leurs fils et les hommes en position inférieure ?  Que les rapports sociaux ont été et demeurent d’abord des rapports de domination du fort à l’égard du faible ? Tout cela, chacun le sait depuis belle lurette. Naguère Freud l’avait même théorisé par le mythe  du meurtre du père en chef de la horde sauvage. Ce sont les fils conjurés qui renversent le despote et qui ensuite, pris de remords coupables, en font un dieu.
Il  aura fallu à l’humanité un long détour pour civiliser ces rapports brutaux en développant notamment la conscience de la différence à travers la subjectivité et l’invention de l’altérité. Or la première des différences est bien celle entre homme et femmes.
Une étape important a été franchie au Moyen-âge lorsque les femmes de la Cour  ont imposé à leurs compagnons mal équarris, une code de déontologie pour les approcher. Ce fût l’amour courtois que chantèrent troubadours et trouvères. En Occident, il a servi de modèle  aux comportements entre sexes. Le « finamor » devenait une valeur reconnue dans l’espace public alors (constitué par la Cour).  Cette  civilité  nouvelle  (qui reste toujours en devenir) entre homme et femmes devait déborder le cadre interpersonnel et donner naissance à nos cultures  modernes. Car  les poètes du moyen age ont été aussi ceux qui ont accompagné l’avènement des futures langues et cultures nationales ainsi que  les droits qui devraient  leur être consenties. C’est ainsi que l’amour  courtois et ses artisans a servi de clé de voûte  aux droits fondamentaux qui constituent notre modernité. Et non l’inverse.

Or l’hyperindividualisme  qu’attise l’ultraliberalisme a pour objectif avoué, on le sait aussi, de détruire  ces droits fondamentaux pour revenir au droit naturel . C’est à dire au droit du plus fort.  On sait comment Rousseau et les philosophes des Lumières  ont lutté contre les tenants du droit naturel pour le déconstruire et  imposer un droit positif dont le contrat social en constitue la base. Et c’est bien ce contrat social qui est menacé aujourd’hui.

En ce sens l’affaire Weinstein est un marqueur politique. il nous signale deux faits qui sont liés; l’état pitoyable de la sociabilité entre sexes lequel reconduit l’état pitoyable de nos rapports sociaux, l’un renvoyant à l’autre. Le défi qui nous devons relever consiste donc à reconstruire cette sociabilité en réinventant ou en redécouvrant  cet amour courtois, base  contrat social d’un nouvel état : l’état-culture. A bon entendeur, salut !

A bon entendeur: la crise ctalane et nous

Classé dans : Actualité, Radioscopie — Tags :, , — admin @ 12:11

Je suis de ceux qui croient que la question catalane est une occasion pour l’Europe. Pourquoi ? Parce qu’elle rouvre un espace d’intermédiation entre deux tendances rédhibitoires de la politique et à fortiori de la condition humaine. Cet espace que pourrait être l’Europe -si elle s’émancipe de la tutelle des états nations - permettrait de dépasser les vieux clivages entre centre et périphérie, pouvoir central et régional que nous héritons des monarchies de jadis. L’unité dans la diversité, on le sait, demeure un défi pour toute organisation humaine et à fortiori politique. On s’en rend compte à la réaction frileuse de l’opinion publique en Europe qui lit les événements de Catalogne à travers les seules lunettes nationales et qui plus est, étatiques. Hors de l’état, point de salut ! Dans cette optique, la volonté d’émancipation est toujours analysée comme la confrontation d’une région ou d’une nation contre le nationalisme ou la région dominantes, un manque de solidarité avec les régions du pays les moins dotées. C’est faire bien peu de cas de l’histoire. Cette position privilégiée est le fruit d’une longue histoire : une bonne partie de l’histoire de l’Europe peut se comprendre à travers cette lente lutte qui a conduit une région à fédérer autour de son prince et de sa langue les autres comtés aux duchés qui deviendront plus tard les entités géographiques constitutives du futur état. Cette unité ne s’est pas faite sans violence, tant s’en faut. Dans le cas de la Catalogne, il y a eu la guerre d’Espagne qui reste un passé qui ne passe pas. Souvenons nous que les premières grandes vagues de migrants de ce moment furent celles des milliers de républicains catalans traversant les Pyrénées. L’Europe s’est construite pour éviter que ces guerres se reproduisent sur son territoire. Aujourd’hui l’Europe se doit de surmonter ces divisions politiciennes où l’économie sert de repoussoir pour permettre à la diversité des sociétés civiles qui la composent d’avoir pleinement voix au chapitre. L’état-nation a épuisé sa mission de modernité qui s’est constituée à partir du contrat social : l’état-culture se doit de prendre le relais pour permettre une nouvelle unité politique à l’Europe ainsi qu’un nouvel d’ancrage territorial. Le nouvel espace numérique nous y invite. La crise catalane comme le décrochage de l’Angleterre l’an dernier ne doivent pas interprétés comme un repli identitaire, une fermeture sur la nation mais comme un impérieuse demande de refonder les nouvelles formes d’ancrages territorial qui permettraient de décliner et de faire travailler ensemble toutes nos appartenances : locales, régionales, nationales , européennes . Or cette forme ne peut être que l’état-culture. La crise catalane met en lumière cet aspect. Les européens saurant-ils s’en saisir ? A bon entendeur ….p { margin-bottom: 0.25cm; direction: ltr; color: rgb(0, 0, 0); line-height: 120%; }p.western { font-family: “Times New Roman”,serif; font-size: 9pt; }p.cjk { font-family: “Times New Roman”,serif; font-size: 9pt; }p.ctl { font-family: “Times New Roman”,serif; font-size: 12pt; }

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