Le blog de Fulvio Caccia

30 septembre 2008

Entre les murs : les habits neufs de l’idéologie française

Classé dans : Critiques — Tags :, — admin @ 15:37

Entre les murs, le film de Laurent Cantet pour lequel on embouche avec force cocorico les trompettes de la renommée , mérite-t-il les couronnes de lauriers qu’on lui tresse ? C’est la question qui me taraudait après l’avoir vu en avant-première au Trianon, la salle culte de Romainville et, à fortiori, de la Seine Saint-Denis. Certes le film a obtenu la Palme d’or au festival de Cannes. Mieux encore, il semble réconcilier la société française avec son école mais des films comme Être et avoir en avaient fait autant, alors pourquoi ce films a été distingué plus que tout autre ? Cela mérite une explication.

La nécessité

« Tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessite » disait Démocrite. La nécessité ici, c’est l’école, le collège en occurrence, pilier de l’intégration Souleymaneet le moteur de la citoyenneté. L’intérêt principal de ce film, réside dans le fait qu’on la voit fonctionner dans toute sa splendeur : des salons des profs au conseil de discipline, en passant par le bureau du directeur. Par touches successives, tout au long d’une année scolaire, se dessine l’admirable mécanique d’un système qui, malgré ses ratées et ses impasses, se dévoile devant nos yeux. Et que dévoile-t-il de si “mystérieux” (Le Monde) et de si “jubilatoire” (L’Humanité) au point d’emballer le jury du Festival de Cannes et l’ensemble de la critique ? Rien de plus, rien de moins que le principe même de sa régulation : la Loi qu’il est sensé incarner. La Loi républicaine qui s’expose dans sa vérité et sa rigueur; c’est-à-dire dans l’illustration de la justice et de la sanction qu’elle produit. Et ce dévoilement, dans un contexte de crise identitaire, agit comme un formidable aimant.

La Loi fascine car elle tranche. Comme l’épée de Salomon. D’un côte il y a ceux qui sont “entre les murs”, dans la Loi, de l’autre il y a ceux ceux qui sont hors les murs, c’est-à-dire hors-la-loi , au ban de l’école, et donc plus tard, de la société ; en « ban-lieue ». En occurrence ici le jeune Souleymane. La caméra de Laurent Cantet ne juge pas la production de cette vérité évidente comme “ La lettre volée” d’Edgar Allen Poe ; elle se contente de la restituer « objectivement » dans les menus détails de son processus. C’est là où le film exerce sa fascination : rendre visible l’ensemble de la mécanique de l’école républicaine ; ses dispositifs d’inclusion et d’exclusion et le discours délibératif qui la légitime tout entière. C’est pourquoi la délibération est omniprésente tout au long du film : dans la salle de classe, bien sûr, mais également dans la salle des professeurs, la cour, à la cafétéria, dans les couloirs …. La délibération est non seulement le fil d’Ariane mais aussi la finalité du film et… de la République. Ce n’est pas un hasard si le film se conclut par une évocation de la République de Platon par une élève, Esmeralda qui reprend ainsi une douce revanche sur son intello de professeur ! Voilà qui est exemplaire, édifiant, me direz-vous. Quelque chose est passé entre le prof et ses élèves. L’école a rempli sa mission ! Mais est-ce suffisant ?

Le hasard

Rien n’est moins sûr. Pourquoi ? Parce qu’en refusant d’aller au delà des murs (à la maison, dans la rue) ; en choisissant de restituer la réalité et rien que la réalité de l’école -comme au tribunal, on jure de dire la vérité et rien que la vérité-, Laurent Cantet finit par donner la parole, non pas aux « personnages » mais au système lui-même en renforçant ainsi son caractère coercitif. Or quels que soient les motifs qui conduisent à observer un système, il est pour le moins périlleux de faire de sa parole, devenue toute puissante parce qu’elle est observée en tant qu’expression de la raison- l’aulne même du vouloir-vivre ensemble. Cette défense et illustration de l’intérêt général signale les limites éthiques et esthétiques de ce type de démarche cinématographique, hélas promise à un brillant avenir. Sous couvert de bienveillante neutralité, ce cinéma post-réaliste est d’une redoutable efficacité idéologique. Pourquoi ? Parce qu’il montre une seule alternative : la soumission à la loi ou le rejet du sujet rebelle. L’élève déviant, réfractaire devra passer obligatoirement par une nécessaire autocritique qui lui permettra de revenir “entre les murs” et de rentrer dans le rang. Le système a toujours raison. C’est là toute l’ambiguïté de ce genre de cinéma qui ne se pose jamais la question de la contribution de la diversité de ces élèves à la collectivité en dehors du cadre qui le détermine. C’est aussi par ce biais que l’essentiel du discours sur la diversité culturelle est instrumentalisé.  Les politiques publiques ne visent souvent qu’adapter le sujet aux normes de la société sans jamais s’interroger sur leur valeur et leur bien fondé. Or ces normes qui ne sont pas seulement le produit de la délibération, tant s’en faut, ne sont jamais remises en cause.

La nouvelle idéologie

D’aucuns diraient que ce parti pris est une manière subtile, moderne, post-idéologique justement de les dénoncer. J’en doute fort. Pour se faire, il aurait fallu que le film ose mettre en scène une parole qui s’oppose frontalement, des “personnages” qui revendiquent pleinement leur différence. Bref que le cinéaste accepte de faire véritablement du cinéma, c’est-à-dire de “la vraie fiction”, avec de “véritables personnages” dotés d’un parcours et d’un imaginaire. Que sait-on vraiment d’Esmeralda, Khoumba, Louise, et les autres ? Que sait-on même de François, le professeur ? Rien ou presque. D’ailleurs, ils sont hors-sujet. Le vrai sujet, c’est l’école et le discours qu’elle prodigue. Face à ce discours, tout le monde s’écrase. Tout le monde, y compris le vertueux professeur de français qui, devant l’évidence, rembarre aussi sec ses arguments.

La seule qui ose tenir tête à l’inéluctable, d’opposer une Parole différente -et avec quelle dignité-, c’est la mère de Souleymane. Que dit-elle dans sa langue au conseil de discipline gêné ? Elle dit l’autre facette de son fils : celle que justement les professeurs -et le cinéaste surtout- ne veulent pas entendre. Est-ce un hasard si cette parole est inaudible au sens propre et figuré ? Elle pourrait même être partiale. Forcément, puisque c’est la parole d’une mère qui défend son fils ! Et puis on s’en fout. Car là n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est que cela fonctionne.

Comprenons-nous bien. Je ne suis pas en train de m’en prendre à la mission de l’école qui est ici pleinement dans son rôle. Ce que je dénonce par contre, c’est que Laurent Cantet ne soit pas dans le sien ! Et ceci fait toute la différence. En choisissant de rendre compte de la seule réalité des institutions ou des organisations, sans la juger, Cantet et ses futurs épigones, tendant à légitimer le le rejet et la marginalisation de ceux qui, par choix ou par fatalité, n’acceptent pas les règles du jeu telles qu’elles existent. Hors les murs, point de salut.

Dans sa République idéale, Platon en avait chassé le poète parce qu’il pouvait détourner les jeunes et surtout émouvoir les citoyens en utilisant le langage à d’autres fins que celles fixées par le prince-philosophe. La raison ne doit pas seule régir le réel. Il faut aussi de l’improbable, de l’imagination.

20 septembre 2008

Roman de bouche

Classé dans : Critiques — admin @ 23:23

« C’est l’alarme rouge. Gregorio m’a présenté Axelle, rousse alléchante au corps enserré dans une robe de velours noir dont le décolleté carré montrait la naissante rotondité des seins. »

Ainsi commence, « la vita assoluta », la vie absolue, le troisième roman de Giancarlo Calciolari, érudit de la psychanalyse, à la fois peintre, sculpteur, journaliste (et collaborateur de Combats), éditeur et… chef de cuisine. Dans le roman de formation, le directeur de la revue « Transfinito », a sans doute trouvé le genre privilégié pour satisfaire son insatiable appétit. Car ce n’est pas le surgissement d’Axelle, son corps sublime, qui met en branle la narration, « condition nécessaire mais non suffisante », prévient Saverio, 40 ans, maître-pâtissier et narrateur de l’histoire, mais bien le fait que cette créature de rêve qui enseigne dans un lycée et poursuit un doctorat sur les origines de la langue française, soit une intellectuelle.

Les femmes d’esprit surtout si elles sont belles, attirent irrésistiblement les hommes et incendient leurs fantasmes. Saverio ne fera pas exception. S’il se défile la première fois, c’est pour mieux succomber à ce « plaisir anticipé » auquel le convie la belle Axelle. Mais le narrateur se doute bien de la dimension proprement imaginaire de cette aventure qui va d’abord le confronter à lui-même. Comment ? En l’arrachant aux cercles concentriques forgés de « ses propres mains » et notamment « du corps de la mère » nourricière dont il avoue ne s’être jamais dépris. Tel est bien l’enjeu. Pas étonnant que cet ex-junkie, issu d’une famille de nouveaux riches italiens, expatrié à Paris, soit devenu pâtissier !

Car le métier de bouche dont il vit n’est pas très éloigné des plaisirs de l’oralité du langage dont la rousse parisienne est l’allégorie, le chiffre. Succombera-t-il à cette fête très parisienne des sens où sacré et profane, haut et bas, sexe et esprit, se croisent pour mieux combler le manque, la faim incompressible ? Faut-il se surprendre si l’on mange souvent dans ce roman, surtout après l’orgasme ? Certains lecteurs y verront un clin d’œil au film « la Grande Bouffe » mais c’est plutôt du côté du Divin marquis qu’il conviendrait de pencher. Erotisme et philosophie alternent. Le mérite de l’auteur, c’est d’avoir réinscrit la radicalité du message sadien au cœur de notre époque désenchantée.

Et qui mieux qu’un ex-junkie pouvait incarner cette quête absolue de notre modernité. « Je veux dire à Axelle que j’ai arrêté de me droguer parce que les coordonnées culturelles de mon geste avaient changées. Je vieillissais dans un monde peuplé d’éternels enfants. Je demeurais un des rares drogués attaché à la recherche de l’illumination et non de la fête artificielle qui coulaient dans ma veines ». Or c’est bien la quête de l’illumination, le Satori que traverse le roman, polarise les deux personnages dans leur recherche anxieuse du plaisir de la vérité ou de la vérité du plaisir. Ce qui donne à ce roman, pourtant écrit en italien, une facture très française, un brin libertine avec ces personnages inquiets, ces interrogations, ces atmosphères claires obscures, « existentialistes ». Surgit ainsi par touches légères un Paris méconnu dont le cœur vibrant, ce XVe arrondissement de glorieuse mémoire, est peuplé d’émigrés italiens, cuisiniers ou artistes tels Gregorio le galeriste, Achille le peintre délirant, Massimo, le restaurateur enfin Bruno, alter ego et associé du narrateur. Autant d’avatars de cette quête passionnante.

Le huis clos des deux amants devient l’épicentre d’un lent et méthodique dérèglement de tous les sens où les protagonistes s’adonnent au plaisir pour mieux parvenir à la vérité, leur vérité. Calciolari travaillera donc avec un très beau talent de narrateur à épuiser les multiples et proliférants masques de la réalité. Pour ce faire, il utilise un contre-feux de choix : le rêve. C’est précisément avec ce matériau dont Shakespeare disait qu’il était la matière même de la fiction qu’il s’emploiera à détricoter le réel en le restituant au désir. L’auteur n’a pas son pareil pour composer cette atmosphère de sensualité , d’osmose où, par delà le sexe , tout peut se dire ou presque et précisément ce qui manque. Sans l’air d’y toucher, Calciolari nous aura ainsi donné un sensible roman d’apprentissage avec, de surcroît, un personnage étonnant, unique sans doute dans les annales de la littérature contemporaine : l’écrivain cuisinier.

Avec ce troisième roman, Giancarlo Calciolari s’affirme comme une des voix singulières de la scène littéraire transalpine. Encore faut-il que l’Italie berlusconanisée s’en aperçoive.

p.s. Vous pouvez vous procurer copie de ce roman sur le site transfinito.eu

Giancarlo Calciolari

La journée européenne des langues ou la Pluralité des mondes

Classé dans : Actualité — admin @ 23:16

Le 26 septembre prochain ce sera la journée  européenne des langues. Plusieurs manifestations sont prévues à cette fin. Nous n’avons pas attendu cette journée particulière pour célébrer la singularité des langues et des cultures auquel correspond le pluralisme politique. Il est opportun de rappeler ce combat-là. Je republie pour l’occasion l’article intitulé “Résistance, diversité, liberté” qui parût à la suite de la rencontre culturelle consacrée aux “Poèmes et chants des résistances européennes” le 25 août 2007 par l’Observatoire de la diversité culturelle.

C’est en se révoltant contre la collaboration, qu’une poignée d’hommes et de femmes est parvenue à remettre la liberté à la place qui est la sienne : au centre de la vie publique. L’Europe, notre Europe d’aujourd’hui dont on dit qu’elle est en panne, en est directement issue. Sans la conviction et le sacrifice des ces milliers de résistants qui, de l’Atlantique à l’Oural, ont dit non à la fascination de l’unique, de l’homogène, du pareil, l’Europe serait encore piégée par ces vieux démons et ces velléités impériales. La liberté retrouvée, dépouillée non sans mal des tentations totalitaires, a permis de refonder un projet européen inédit dans l’histoire de l’humanité. Le moteur en a été la refondation de la vie démocratique dont la liberté a été le garant et le pluralisme politique, l’expression.

Aujourd’hui alors que la démocratie continue malgré tout à progresser dans le monde, que les moyens pour l’exprimer n’ont jamais été aussi variés et accessibles, force est de constater que sa pratique effective ne cesse de se réduire comme une peau de chagrin. Ce n’est pas un régime autoritaire qui la menace, encore moins les fondamentalismes comme on se plaît à le dire, mais bien cette anémie, cette dévitalisation propres aux organismes qui ont perdu leur substance, leur raison d’être. La liberté qui a fondé la vie démocratique, objet depuis longtemps de toutes les manipulations, a cessé d’être la valeur de l’homme pour devenir uniquement celle du marché. Et le pluralisme politique, au lieu d’exprimer la diversité des opinions, donne à voir l’atomisation de l’espace politique, la tour de Babel des ambitions politiques personnelles. Le masque tombe. C’est désormais à visage découvert, sans précautions oratoires autre que celle de leur propre force- la raison du plus fort- que s’affrontent entre elles les fratries pour le pouvoir.

ENTROPIE

Cette entropie de la démocratie tient à plusieurs causes. Mais la principale réside dans l’épuisement de sa mission dans le registre qui lui a été jusqu’ici prioritairement assigné : faire fonctionner de grands ensembles nationaux homogènes et autant que faire se peut monolinguistiques. L’état-nation, on le sait, s’est imposé en Europe -surtout en France- en extirpant les différences, les particularismes, trop rattachés à l’Ancien régime et dont la recomposition aurait mis en cause son autorité. Aujourd’hui l’état-nation est mis en crise à son tour, d’une part par une économie dérégulée qui a rompu ses attaches nationales pour conquérir le monde et de l’autre par de grands ensembles supranationaux qui cherchent encore leurs légitimités politiques. Et c’est justement à ce moment que la diversité revient, comme un retour du refoulé, par la bande c’est à dire par la culture.

L’enjeu n’est plus désormais de façonner un nouvel individualisme qui s’élèverait au-dessus des particularismes, vieille chimère occidentale, par la seule puissance de la raison souveraine mais bien retrouver le sens et l’émotion d’une identité plurielle qui n’a jamais cessé d’être celle de l’homme. Rude tâche de nos jours alors que les modalités politiques de cette reconnaissance télescopent les atavismes anciens, exacerbés par l’économie mondialisée et sa technologie de niche.

Le débat

Pour sortir de cet antagonisme primaire où les forces du mal s’opposent aux forces du bien, l’ange de la démocratie au Satan obscurantiste, il est opportun de réintroduire le débat sur la culture. « Toute discussion sur la culture, rappelle Hannah Arendt, doit de quelque manière prendre comme point d’appui le phénomène de l’art ». Pourquoi ? Parce que l’art confronte celui qui le regarde à la mémoire, sa propre mémoire individuelle autant que collective appelé tradition. Il y a deux manières d’envisager cette dernière . S’y conformer scrupuleusement comme l’a fait l’humanité des siècles durant. Ou rompre avec elle en lui tournant le dos. C’est ce qu’a commencé à faire l’Occident à partir du XVIe siècle. Cette rupture a imposé à l’Europe et au reste du monde la modernité et du coup, l’homme s’est libéré des servitudes anciennes et des croyances ancestrales pour atteindre des territoires nouveaux . Or après l’ivresse de la nouveauté, voilà que ceux-ci à leur tour sont devenus des dogmes inamovibles.

L’art peut introduire du jeu, de la discussion au sein de ces représentations collectives anciennes et nouvelles car les critères pour apprécier ce qu’on appelle « le beau » sont relatifs. En effet rien de plus subjectif que les qualités de « beauté » qui varient selon les époques. Pour être véritablement en mesure de se faire une opinion sur un objet qualifié d’artistique, il est nécessaire de s’oublier, de se mettre à distance de sa condition et des soucis quotidiens. C’est de cette imprégnation, que surgiront les images, les impressions à partir desquelles s’élaborera un jugement construit et argumenté. Cette attitude de réceptivité totale, d’abstraction est l’expression même de la liberté. Or on ne peut véritablement en jouir, rappelle Kant que si les besoins vitaux sont comblés.

Le problème, c’est qu’aujourd’hui même dans nos sociétés de surabondance, nous agissons encore comme si la disette menaçait. La préoccupation de nos contemporains reste pour l’essentiel réduite à soi-même et aux moyens d’acquérir plus d’objets à consommer. L’idéologie utilitariste triomphe de plus belle illustrant ce tropisme bien humain qui consiste à généraliser en toutes choses, les règles et procédures qui ont réussi dans un domaine particulier. Or la politique comme l’art et la culture qui se partagent l’espace public, requièrent au premier chef « des jugements et des décisions » dixit encore Arendt. Car, dans un cas comme dans l’autre ; il ne s’agit pas d’exprimer un savoir et une vérité mais de permettre à tout un chacun de formuler des opinions argumentées pour déterminer le meilleur choix tant sur l’action à entreprendre pour le bien commun que sur les objets ou les œuvres dignes d’être exposées, publiées. Telle est précisément la fonction du politique : redevenir ce lieu de délibération des véritables enjeux de société pour l’ensemble des citoyens et non pour quelques spécialistes.

La liberté

Afin de permettre l’expression de cette diversité d’arguments et de connaissances, il importe de réinscrire la liberté au centre de la vie culturelle comme l’avaient fait les résistants, naguère, pour la vie politique. Pour ce faire, la liberté doit redevenir une valeur, une prise de risque et non plus un dogme comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui et dont seule une élite, terrorisée par la perte de ses privilèges, aurait l’usufruit de l’interprétation. Et pour cause, puisqu’elle maîtrise les codes et la rhétorique politique.

La culture peut être le commun dénominateur qui permet à tout un chacun de retrouver le sens de l’action et de l’engagement. Mais encore faut-il qu’elle échappe aux velléités identitaires auquel on veut la réduire. La liberté plus que jamais demeure essentielle à cet égard. Elle rend possible la capacité d’observer, de critiquer, de débattre, de créer, d’imaginer et donc de risquer une parole autre.

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