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Théo le merle

Depuis juillet dernier, ce merle ( mais en est-ce un ?)  est descendu du ciel pour venir visiter notre jardin. D’abord timide, ses visites sont devenues plus fréquentes. Il ne s’envole plus lorsque je m’approche de lui. Sa pitance, il l’arrache du sol à coup de bec. Pourquoi son arrivée impromptue me comble-t-elle de joie ? C’ est la question que je me suis demandée. Sans doute parce que cette forme sautillante au plumage de jais noir incarne une manière de spiritualité.

Dans la tradition chrétienne où  j’ai grandi, l’esprit est représenté par une colombe toute blanche. Elle  s’envole sous la voûte des églises, se détache dans le firmament bleu des cathédrales, des basiliques…. Mais la divine colombe s’en est allée  et c’est aujourd’hui, c’est ce merle  qui me fait un clin d’œil… spirituel.  Le blanc  et le noir, la colombe et le merle  et vice versa !  C’est pourquoi  d’autorité je l’ai baptisé du nom de « Théo » qui renvoie à dieu bien sûr,  mais un dieu modeste enfin  redescendu sur terre, à hauteur d’homme sans  les falbalas qui nous ont fait accroire qu’il était dans les cieux de toute éternité.

Mais les merles s’ils chantent au gazouillent peuvent parler. Quelque chose me dit que Théo va bientôt prendre la parole et entreprendre une chronique sur le temps qui passe. Car il a beaucoup de choses à dire  sur le gazouillis  notamment mais aussi sur les hommes de notre temps.  Surveillez bien cette chronique.

Théo le merle

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Emmanuele Coccia : penseur néo-libéral ? Non, penseur de l’éternel présent !

Je me suis demandé dans l’après-coup si j’étais fondé à le voir comme un penseur néo-libéral succombant à mon tour à cette stérile critique de la dénonciation dont Coccia mettait en lumière les limites. Comprenons-nous bien. Je ne suis pas a priori contre le libéralisme. La pensée libérale nous a permis de construire les principes et les institutions qui nous ont en partie prémunis contre les dérives autocratiques qui ont déchiré notre monde. C’est son excès qui plonge l’humanité dans le chaos. Cela est plus que jamais visible aux yeux de tous aujourd’hui. Qu’il appartienne à ce courant de pensée ne diminue en rien la pertinence de son interrogation. Bien au contraire. Mais elle souligne par comment les mots sont piégés par leur usage intempestif qui les vide de leur substance. Le mot « néolibéralisme » est de ceux-là, il convient de lui son ballant en le réinscrivant dans une théorie du bonheur. C’est précisément l’ambition de Coccia.

Emmanuele Coccia : penseur néo-libéral ? Non philosophe de l’éternel présent

Coccia réactualise cette morale libérale que masque la guerre culturelle contre la démocratie. Un événement, selon lui, va bouleverser la donne. Le mariage pour tous. En l’élargissant aux conjoints de même sexe, le droit reconnaît que le mariage n’est plus lié à la procréation. C’est une révolution anthropologique. Car, pour la première fois dans l’histoire, le lien immémorial à la reproduction qui rattachait le corps de la femme au renouvellement de l’espèce est rompu. Le mariage retrouve par-devers soi son projet moral originel à savoir : produire du commun par le biais du travail et de la famille (les gens que l’on aime).

ZZZAC, LA VIE EST BELLE.

Hier encore, la dystopie participait de la littérature d’anticipation, voire du conte philosophique. Aujourd’hui, les romans, les films et les séries qui se réclament de cette catégorie se rapprochent plus que jamais du réalisme fantastique sinon du réalisme tout court tant la réalité décrite dans leurs pages ou sur leurs écrans est le miroir de notre actualité la plus brûlante. Dans ZZZAC Frédéric Castaing pousse le rapprochement un cran plus loin en faisant d’Ystopie, un centre de numérisation qui « numérise à tour de bras » ce qui reste encore du patrimoine mondial de l’humanité.