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La république ou l’empire ?

La république ou l’empire ? Tel est le choix qui  incombe  aux  citoyens de chaque nation aujourd’hui. Les Américains  y sont confrontés bientôt. Le choix qu’il feront mardi détermineront la valeur des institutions démocratiques qui, depuis deux  siècles se sont efforcées  de contenir la volonté de puissance, la pulsion de mort dirait Freud, qui  fait partie de la condition humaine.

Devant le  défi climatique, les pandémies, les crises économiques, l’absence apparente de futur, la tentation est grande d’y succomber. Certains diront,  non sans raisons, que dans les tenailles de l’empire  nous y sommes déjà et que nos démocraties dites libérales sont des oligarchies maquillées. D’autres ajouteront  avec les mêmes raisons qu’elles se sont propagées  à coup de canons en imposant le libre-échange  aux nations qui n’en voulaient pas.  Mais est-ce suffisant pour les jeter aux orties et lui préférer  » la raison du plus fort » ou des « démocratures » déguisées  ?  Je suis de ceux qui pensent que les démocraties aussi imparfaites soient-elles doivent choisir  le paradigme dans laquelle elles veulent désormais évoluer : ou bien elle choisissent un modèle de type impérial imposée par le haut en mettant hors jeu leurs institutions ou  bien prolonger dans  l’état-nation, mis en place par la Révolution, par l’état-culture. J’y avais naguère consacré un court essai.

Cette question demeure plus que jamais d’actualité. D’aucuns, bien intentionnés,  demanderont d’en dérouler le programme politique. Le fait est qu’il n’y a pas de programme à la clef. Il n’y a que des initiatives individuelles  qui se regroupent en « bonnes pratiques » pour peser ensuite politiquement. Cette « archipelisation » induite par la la Loi de la maison  (l’économie) qui déborde depuis le XVIe siècle de ses frontières domestiques pourrait être considérée par certains comme un retour  au libéralisme primitif.  Les « geeks »   des années 90 l’avaient pris au pied de la lettre et avaient fait des  technologies numériques l’outil d’une autre voie avant de comprendre  qu’ils  pouvaient surtout l’utiliser pour leur propre intérêt.  Nous vivons ce moment de bascule où l’Etat va devenir un appendice des seuls intérêts du Marché.  Devant ce constat  comment  répondre sinon en ouvrant par la culture un  autre territoire à  la liberté, une liberté qui ne serait pas simplement celle du pouvoir économique.   Par un curieux renversement  qu’impose la technique, la pensée marxiste considérait que c’est l’infrastructure (l’économie, les moyens de production)  qui induit  la superstructure ( la culture).  Or  c’est l’inverse. C’est dans la culture où s’incubent les nouvelles dispositions, les nouveaux comportements en mesure de formuler les réponses à notre actualité.

Ici se pose la question du temps.  Les événements  du temps adviennent  deux fois : La première comme actualité dans notre présent, soit comme surgissement et présentation ; la seconde fois comme re-présentation.  C’est ce second acte qui se joue aujourd’hui. La représentation  au sens politique mais aussi poétique (faire).  Ce n’est pas une figure de style.

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