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Tokbar teste le poème

Tokbar truste le poème, un peu, beaucoup, passionnément, pas de tout ! Il est tentant d’effleurer la marguerite avec ce personnage dont le verbe balance entre Ubu et Hamlet. « To free or not to free that is the question » pourrait-on lui répondre en paraphraser Shakespeare. Tokbar est le « monsieur Teste » de Paul Valéry qui aurait été mordu par le dieu-serpent Quetzecoalt du Mexique où l’auteur a longtemps vécu. Pourtant « l’hallucination simple ». et rimbaldienne ne se déploie pas seulement dans les forêts équatoriales, mais en Chine. Le titre « Wuhan avant » donné à la deuxième partie du poème est intrigant, car il nous renvoie sans l’air d’y toucher à la grande césure du Covid. Pourtant pas d’allusion directe à la Pandémie. Tout semble figé dans un passé révolu, le passé d’avant : « Les convives sont filiformes au point d’éviter leur ombre sous la table ».

Du passé personnel du poète il est aussi question lorsque Cassir évoque l’Orient où il est né et l’extrême occident (l’Amérique) où il a travaillé. Quant à la dernière section intitulée « Parabole », il clôt le voyage improbable de ce roi « sans toge ni couronne »… » souverain d’un royaume sans frontières qui n’est pas un… mais qui néanmoins demeure « invincible ».. Car cela « ne tient qu’à un jeu de rôle./N’en croyez rien ». L’important finalement c’est « mettre à terre imposture et garde rapprochée ». Voilà qui est dit.

C’est cette paradoxale mascarade démasquée à laquelle nous convie le poète dans son dernier recueil publié dans une belle collection qu’il co-dirige depuis plusieurs années et qui comporte plus de 140 titres : levée d’encre. Dans une belle préface érudite, Patrick Quiller situe admirablement cette démarche poétique et… alchimique  : « Dans un monde, le nôtre, où les ténèbres sont persistantes et épaisses, Tokbar nous invite à porter les lueurs intermittentes, certes, mais ô combien nécessaires, de la sublimation : « La vibration longtemps sublimée est-elle devenue/le tremblement violent des porteurs de lucioles ? ».

La poésie vivra. Assurément.

Tokbar is alive and well and live in Paris!

 Tokbar
préface de Patrick Quiller
Levé d’Ancre
L’Harmattan  2024
102 Pages , 13€

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